Paris a "pris acte" samedi de l'exécution de Saddam Hussein, une pendaison condamnée par les partis de gauche et les organisations de défense des droits de l'Homme.De son côté, l'Elysée n'avait pas réagi, quelque 14 heures après l'application de la sentence de mort prononcée à l'encontre de l'ancien dictateur irakien.Ni l'UMP, ni l'UDF n'avaient non plus publié de réaction, samedi à 18H00. Le FN a pour sa part qualifié cette pendaison de "faute lourde".Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères souligne que "la France, qui plaide comme l'ensemble de ses partenaires européens pour l'abolition universelle de la peine de mort, prend acte de l'exécution de Saddam Hussein".
"Cette décision appartient au peuple et aux autorités souveraines de l'Irak", ajoute le texte qui ne condamne pas spécifiquement l'exécution de l'ancien dictateur irakien. Le premier secrétaire du PS François Hollande a estimé que la mort de Saddam Hussein "ne règlera rien", même s'il était "sans doute le principal responsable de la situation que connaît aujourd'hui son pays".
"Mais tous ceux qui militent pour l'abolition universelle de la peine de mort ne peuvent que déplorer son exécution. Elle n'apaisera pas la colère des nombreuses victimes de son régime, elle n'arrêtera pas le cycle des violences en Irak".Le Parti communiste français a réaffirmé "son opposition de principe, pour des raisons éthiques, à la peine de mort". Il a estimé que la pendaison de Saddam Hussein "ne contribuera pas à l'expression nécessaire de la justice à laquelle le peuple irakien a droit".Selon le PCF, "Saddam Hussein méritait une peine lourde et exemplaire pour les crimes commis contre son peuple", mais son exécution ne contribuera pas à résoudre "les graves problèmes" de l'Irak et "comporte au contraire de nouveaux risques pour la stabilité du pays".
- Les Verts ont condamné "sans réserve" l'exécution, affirmant que "la peine de mort est toujours une défaite"."La peine de mort n'est jamais justifiable, fût-elle prononcée contre le pire des dictateurs. Un crime contre l'humanité ne peut pas être puni par un châtiment inhumain", ont affirmé les Verts qui "s'étonnent avec effarement de la réaction incroyablement prudente du gouvernement français".
- Pour sa part, le Front national a estimé que la pendaison de l'ancien dirigeant irakien était "une faute lourde dont la responsabilité retombera sur le monde occidental considéré par le monde arabe comme l'organisateur de cette justice de vainqueur"."L'impitoyable blocus américain de plus de dix ans a fait beaucoup plus de morts chez les civils irakiens que n'en a fait Saddam Hussein, qui était l'allié et même l'ami des dirigeants occidentaux", a assuré le FN qui juge qu'"à cet égard, le silence de Jacques Chirac est véritablement assourdissant".
- Le député socialiste Jack Lang a fait part samedi de son "désaccord complet sur les conditions dans lesquelles Saddam Hussein a été condamné à mort et exécuté".Selon lui, "le procès, ordonné par l'occupant américain, a violé les règles élémentaires du droit de la justice pénale internationale" et "n'a porté que sur une fraction de ses actes". "Du coup, conclut-il, on a empêché que la vérité pleine et entière soit faite sur la réalité de l'abominable régime de Saddam Hussein et sur les complicités dont il a parfois bénéficié de la part des puissances occidentales."Le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a fait part de "sa désapprobation la plus totale de la mise en exécution, ce jour de grande fête musulmane Aïd el-Adha (NDLR: fête du sacrifice, aussi appelée Aïd el-kebir, la Grande fête) de la peine de mort" à l'encontre de Saddam Hussein.Son président Dalil Boubakeur écrit qu'elle "constitue de ce fait une offense manifeste aux sentiments des musulmans de partout dans le monde".L'association Amnesty International France (AIF) a rappelé son opposition "de façon inconditionnelle à la peine de mort" et considère qu'il s'agit d'abord d'une "occasion manquée d'établir les faits sur la responsabilité personnelle de Saddam Hussein dans les violations massives et systématiques des droits humains au cours des dernières décennies".Selon le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), "on ne peut pas juger un homme coupable de crime contre l'humanité et lui infliger la peine la plus barbare qui soit sans se mettre au même niveau d'inhumanité".La pendaison de Saddam Hussein "prive les Irakiens et le monde entier d'un procès global" qui aurait permis de mettre en lumière les complicités occidentales dont il a joui, selon le président d'honneur de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Patrick Baudouin.
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